Le bon menu pour garder la forme

Bien manger (et bien bouger !), c’est encore plus important quand on prend de l’âge.

Entretien avec le Dr Jean-Marc Lacaze.
Bien manger (et bien bouger !), c’est encore plus important quand on prend de l’âge. Car les erreurs nutritionnelles s’ajoutent à d’autres causes de fatigue. C’est ce que nous rappelle le Docteur Lacaze, spécialiste de la santé des seniors.

Naturactive : – Pourquoi se sent-on plus facilement fatigué au fil des années ?
Dr Lacaze : – Il est clair que la fatigabilité augmente avec l’âge. Les capacités physiques diminuent et les fonctions de l’organisme sont moins bien assurées, par exemple au niveau cardio-vasculaire. De ce fait l’adaptation à l’effort et la récupération sont moins bonnes. Par ailleurs, les problèmes de santé surviennent plus fréquemment et sont des causes d’asthénie. Et la prise de médicaments peut aggraver cette asthénie : c’est le cas, par exemple, avec un traitement contre l’hypertension.
 
– D’autres facteurs peuvent amplifier la sensation de fatigue ?
– En premier lieu les troubles du sommeil, bien sûr. La durée du sommeil diminue et les réveils nocturnes sont plus fréquents, parfois à cause de problèmes douloureux liés à l’arthrose ; les nuits sont donc moins reposantes. Des troubles nutritionnels ont aussi un retentissement important. Si l’alimentation est insuffisante et/ou déséquilibrée, l’état général va en être affecté.
 
– Une personne seule peut avoir «du mal à s’en sortir»…
– Oui, d’autant que son asthénie peut être le symptôme d’un état dépressif favorisé par cet isolement. L’asthénie pousse alors à l’inactivité, au repli sur soi, ce qui aggrave la dépression… C’est un cercle vicieux.
 
– Vous recommandez de maintenir l’activité physique, c’est important ?
– Oui, les bénéfices sont très nombreux ! On connaît les effets positifs sur le plan physique, sans compter les bienfaits sur le plan psychologique. Je pourrais vous en parler plus en détail une prochaine fois.
 
– Revenons à l’alimentation : vous dites qu’il faut «oublier les clichés», qu’entendez-vous par là ?
– On croit souvent que le besoin de manger diminue avec les années, c’est faux ! Les besoins caloriques chez la personne âgée sont les mêmes que chez l’adulte jeune. Certaines affections nécessitent même d’augmenter les apports. La répartition entre glucides, lipides et protéines doit rester équivalente. Et il ne faut pas se priver de protéines animales : on peut manger de la viande en plus des laitages et des œufs. D’une manière générale, l’alimentation doit être suffisante, équilibrée et variée. Et surtout, il faut proscrire tous les «régimes» ! Seuls de rares cas médicaux les justifient. Plus on prend de l’âge, plus un «régime» risque d’induire une carence.
 
– Comment conseillez-vous de compléter l’alimentation en période hivernale ?
– Une alimentation normale et équilibrée couvre la plupart des besoins. Toutefois si la ration quotidienne devient inférieure à 1 500 Kcal, une supplémentation en minéraux et oligo-éléments se justifie. Notez qu’en général l’apport de fer n’est pas nécessaire. D’autre part, il peut être utile d’apporter certains compléments. Ainsi le calcium et la vitamine D sont classiquement recommandés en prévention de l’ostéoporose, chez l’homme comme chez la femme. Le magnésium aide à atténuer la fatigue par exemple. Les éléments anti-oxydants comme la vitamine C contribue au métabolisme énergétique normal. On peut suggérer également d’augmenter la consommation d’acides gras de type oméga 3. Enfin en période hivernale, en particulier après un épisode infectieux, la vitamine C constitue une bonne cure qui aide à atténuer l’asthénie.

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