Reconnaître les symptômes du surmenage
Les signes physiques
Sur le plan physique, un surmenage peut se manifester par une fatigue persistante, des troubles du sommeil ou un sommeil non réparateur, des tensions, des maux de tête, des troubles digestifs ou toutes autres manifestations somatiques du stress.
Les signes émotionnels
Un surmenage peut se traduire au niveau émotionnel par de l’irritabilité, de la nervosité, de l’anxiété ou le sentiment d’être constamment débordé(e).
Les signes cognitifs et comportementaux
Sur le plan cognitif, un surmenage peut affecter les facultés de concentration, entraîner des oublis, des erreurs, des difficultés à prendre des décisions, des ruminations mentales… Sur le plan comportemental, on peut observer une diminution des loisirs, un repli sur soi, une moindre disponibilité pour l’entourage ou un recours accru aux stimulants pour « tenir » (tabac, café, alcool…).
Surmenage, fatigue et burn-out, quelles différences
Une erreur fréquente est de croire que fatigue, surmenage et burn-out correspondent à trois degrés successifs d’un même phénomène, précise le Dr Marc Dellière. Il est important de définir chaque terme.
La fatigue passagère
La fatigue est un symptôme ou un état transitoire physiologique qui apparaît après un effort ponctuel et régresse avec le repos. Quand elle persiste malgré une récupération suffisante, il faut alors en rechercher la cause.
Le surmenage
Le surmenage est une situation de surcharge prolongée dans laquelle les sollicitations deviennent trop importantes ou trop répétées par rapport aux possibilités de récupération. L’Assurance Maladie l’évoque notamment comme une situation pouvant provoquer une fatigue réactionnelle, au même titre que le manque de sommeil, le stress professionnel ou certaines difficultés de vie.
Le burn-out
Le burn-out concerne spécifiquement le contexte professionnel, contrairement au surmenage qui est plus large. L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) définit le burn-out comme un phénomène résultant d’un stress chronique au travail mal géré, avec trois dimensions : épuisement, distanciation mentale ou cynisme vis-à-vis du travail, et diminution du sentiment d’efficacité professionnelle.
Les causes du surmenage
Les facteurs professionnels
Au travail, le surmenage ne se résume pas à « avoir trop de choses à faire ». L’intensité et la complexité des tâches, les délais serrés, les interruptions fréquentes, les exigences émotionnelles, le manque d’autonomie ou de soutien, les conflits de valeurs, la disponibilité imposée en dehors des horaires habituels… tout cela peut y contribuer. Le surmenage apparaît lorsque des sollicitations importantes ou prolongées se combinent avec des ressources et une récupération insuffisantes.
La charge mentale à la maison
Dans la vie privée, parentalité, aidance, charge domestique, difficultés financières ou événements de vie peuvent s’ajouter aux contraintes professionnelles et entraîner une situation de surmenage.
Une partie de la charge quotidienne reste peu visible : anticiper les besoins, organiser les démarches, se souvenir des échéances et vérifier que tout a été fait. On peut se sentir responsable même lorsqu’une autre personne exécute la tâche.
Les habitudes de vie qui entretiennent le surmenage
En matière de surmenage, la récupération reste centrale : il faut surmonter le manque de sommeil, et éviter que le travail ne grignote le temps personnel. L’hyperconnexion ne doit pas être responsable de tous les maux mais reste une habitude qui doit toujours être interrogée. Ses effets dépendent du contexte et de la manière dont les outils numériques sont gérés.
Les conséquences d’un surmenage prolongé
Sur la santé mentale
Sur le plan de la santé mentale, les études montrent qu’une situation professionnelle combinant fortes exigences et faible latitude décisionnelle serait associée à un risque plus élevé de dépression. Ce phénomène reste multifactoriel : une situation de surmenage ne conduit pas automatiquement à l’épuisement ou à une dépression. Mais il convient d’être vigilant aux troubles de l’humeur qui peuvent être des signaux d’alerte !
Sur la santé physique
Troubles du sommeil et surmenage peuvent engendrer un cercle vicieux : la surcharge dégrade la récupération, tandis qu’un sommeil non réparateur augmente ensuite la fatigue et réduit les capacités à faire face aux contraintes. D’autres perturbations peuvent être associées au surmenage : des douleurs musculo-squelettiques, des troubles de l’appétit et des habitudes alimentaires, toutes les manifestations du stress chronique… Le surmenage prolongé peut ainsi devenir une boucle plutôt qu’une simple accumulation linéaire de symptômes, résume le Dr Marc Dellière.
Sur la vie relationnelle
Dans une situation de surmenage peuvent s’installer des troubles du sommeil, de l’irritabilité, de l’anxiété, des difficultés de concentration ou une perte de motivation. En cascade, il peut y avoir des répercussions relationnelles : attitude de retrait, absentéisme, tensions avec l’entourage, désintérêt…
Que faire en cas de surmenage
Sortir du surmenage ne consiste ni à apprendre à « tenir bon », ni à se reposer quelques jours. Il faut généralement agir des deux côtés de l’équation : retrouver des capacités de récupération et diminuer ou réorganiser ce qui les épuise, insiste le Dr Marc Dellière.
Se donner les moyens de récupérer
La récupération passe par des conditions concrètes :
. préserver suffisamment de temps de sommeil avec des horaires aussi réguliers que possible
. réintroduire de vraies pauses
. faire la sieste pour faire retomber la pression
. maintenir une activité physique régulière et adaptée sans que cela ne soit une contrainte (marcher davantage, ne pas rester assis longtemps…)
. retrouver des loisirs
. réapprendre à se faire plaisir
. prévoir des périodes de déconnexion
. conserver une alimentation variée et équilibrée,
. adopter des techniques de relaxation (musique, lecture, respiration consciente qui aide à se recentrer…).
Tout ce qui réduit le stress au quotidien est précieux !
Diminuer ou réorganiser la charge
Au travail, on peut agir sur les horaires, le contrôle des tâches, l’autonomie, le soutien, la communication ou la participation aux décisions, etc. À la maison, lorsque c’est possible, on peut décider qu’une personne prend en charge un domaine du début à la fin : prévoir, décider, réaliser et assurer le suivi. Par exemple les rendez-vous médicaux des enfants, l’entretien des voitures, l’organisation des vacances… Cette répartition se discute selon les contraintes et les ressources de chacun.
Demander de l’aide et se faire accompagner
Le médecin traitant est le bon interlocuteur lorsque la fatigue persiste et retentit nettement sur la vie quotidienne : il va en chercher les causes, corriger d’éventuels déficits (vitamine D, vitamine B12, magnésium, fer, folates…), évaluer le sommeil et les symptômes anxieux ou dépressifs, puis orienter si nécessaire. Un psychologue peut aider lorsque ruminations, anxiété, exigences excessives, difficulté à déléguer ou à poser des limites entretiennent la surcharge. Le médecin du travail peut intervenir sur la situation de travail, le poste, les horaires ou un éventuel aménagement.
Plantes et compléments alimentaires : quelle utilisation
En période de surmenage, rappelle le Dr Marc Dellière, une plante ou un complément alimentaire ne peuvent pas compenser un manque de sommeil, une charge excessive ou une récupération insuffisante. Certains actifs peuvent néanmoins aider en ciblant des dimensions précises, par exemple sous forme de compléments alimentaires stress et sommeil, ou de compléments alimentaires contre la fatigue.
- La Rhodiole (Rhodiola rosea L.) : souvent présentée comme une plante adaptogène, des recherches explorent ses effets possibles sur la réponse de l’organisme face au stress. Certaines formules à base de Rhodiole sont traditionnellement utilisées pour soulager des symptômes liés au stress, tels que la fatigue et l’épuisement.
- La Passiflore, l’Eschscholzia ou la Valériane : ces plantes relèvent également d’un usage traditionnel pour soulager des symptômes légers de stress, faciliter l’endormissement et la qualité du sommeil.
- Le Guarana : par sa teneur naturelle en caféine, il aiderait à soutenir temporairement la vigilance et la rapidité de réponse. La dose, l'heure de prise et la sensibilité individuelle à la caféine doivent être prises en compte, notamment lorsque le sommeil est déjà fragilisé.
FAQ
. Le surmenage peut-il provoquer des symptômes physiques comme des vertiges ou des palpitations ?
. Le surmenage peut-il provoquer des symptômes physiques comme des vertiges ou des palpitations ?
Stress et surmenage sont en lien étroit, ce qui peut favoriser l’apparition de manifestions somatiques comme des palpitations, des vertiges, des tensions musculaires… Attention cependant à ne pas tout mettre « sur le dos » d’un surmenage. Tout symptôme inquiétant ou inhabituel doit faire l’objet d’une consultation médicale rapide.
. Les vacances suffisent-elles à récupérer d'un surmenage ?
. Les vacances suffisent-elles à récupérer d'un surmenage ?
Pas forcément. Se reposer quelques jours peut apporter une amélioration temporaire, mais il faut aussi agir sur les causes du surmenage pour aller mieux durablement. Ce temps de repos peut déjà permettre de retrouver des forces et de se poser les bonnes questions.
. Le surmenage touche-t-il aussi les personnes qui ne travaillent pas (parents, aidants, étudiants) ?
. Le surmenage touche-t-il aussi les personnes qui ne travaillent pas (parents, aidants, étudiants) ?
Oui. Travail et vie privée mobilisent en partie les mêmes ressources de temps, d’énergie et d’attention. Le surmenage peut être lié à la vie familiale, à la parentalité, à l’aide apportée à un proche, aux études ou à d’autres contraintes. Il peut être important de se faire aider à différents niveaux.
Sources
- Cropley et coll., 2020 - Recovery from work : charge chronique et récupération insuffisante associées à fatigue psychologique, fatigue physique et troubles du sommeil. PubMed
- INRS - Stress au travail : effets sur la santé, avec manifestations physiques, émotionnelles, cognitives et comportementales. INRS
- Assurance Maladie, 2026 - Asthénie : distinction entre fatigue physiologique et fatigue persistante. Assurance Maladie
- Liu D et coll., 2026 - Work-family conflict and mental health : revue systématique et méta-analyse longitudinale, 112 714 participants. PLOS Medicine
- Aviv E et coll., 2025 (en ligne en 2024) - Travail domestique cognitif et santé mentale : étude observationnelle chez 322 mères de jeunes enfants. PubMed
- Janson P et coll., 2022 - Santé des aidants informels comparée à celle des non-aidants : revue systématique. PubMed
- Madsen IEH et coll., 2017 - Job strain et dépression clinique : revue systématique, méta-analyse et données individuelles. PubMed
- Linton SJ et coll., 2015 - Environnement de travail et troubles ultérieurs du sommeil : revue systématique prospective. PubMed
- Aust B et coll., 2023 - 52 revues systématiques, 957 études : effets des interventions organisationnelles sur environnement psychosocial, santé et burn-out. PubMed
- EMA - Usages et préparations concernés : Source · Passiflore · Eschscholtzia · Rhodiole
- OMS, 2019 - Burn-out an « occupational phenomenon » (CIM-11) : syndrome résultant d’un stress chronique au travail mal géré, défini par trois dimensions et classé comme phénomène lié au travail, non comme maladie. OMS