Sommaire
- Pourquoi l’équilibre de la flore vaginale est-il si important ?
- Les facteurs qui déstabilisent l‘équilibre de la flore intime
- Miser sur une alimentation favorable au microbiote
- Adopter une hygiène intime douce au quotidien
- S’adapter à fragilité de la flore vaginale durant les règles
- Envisager une cure de probiotiques adaptés
Pourquoi l’équilibre de la flore vaginale est-il si important ?
L’équilibre de la flore vaginale est essentiel : c’est l’un des premiers mécanismes naturels de défense de l’intimité féminine ! Un microbiote vaginal sain est majoritairement composé de lactobacilles, des bactéries protectrices qui produisent de l'acide lactique et maintiennent un pH acide (entre 3,8 et 4,5), créant un environnement défavorable au développement des micro-organismes pathogènes. Cette barrière naturelle aide à se prémunir des vaginoses bactériennes, des mycoses et de certaines infections récidivantes. À l'inverse, une dysbiose, caractérisée par une diminution des lactobacilles et une prolifération de bactéries opportunistes, fragilise l'écosystème. Au-delà des inconforts qu'elle provoque, cette rupture d'équilibre est aujourd'hui reconnue comme un facteur de risque de plusieurs infections sexuellement transmissibles. Les études montrent notamment qu'une vaginose bactérienne rend plus vulnérable à l’infection par le VIH, qu'une dysbiose est également associée à un risque accru d'infection par le papillomavirus humain (HPV), y compris chez les femmes ne présentant aucun symptôme.
Les facteurs qui déstabilisent l‘équilibre de la flore intime
Les facteurs sont multiples, mais les antibiotiques constituent le principal facteur de risque, insiste le Docteur Jemina Fazal-Janot, gynécologue. En éliminant à la fois les bactéries pathogènes et les lactobacilles protecteurs, ils peuvent entraîner un déséquilibre durable, parfois à l’origine de cercles vicieux de dysbiose et d’infections récidivantes. Le tabac diminue le glycogène disponible pour les lactobacilles et altère les défenses locales. Le stérilet au cuivre, en favorisant des saignements plus abondants et une inflammation locale, peut aussi perturber le pH vaginal. À cela s’ajoutent les déséquilibres hormonaux, le surpoids et les états d’inflammation chronique qui modifient l’environnement vaginal et favorisent certaines infections, notamment fongiques. Le stress et la fatigue, via l’axe cortisol-immunité, réduisent les défenses locales et influencent indirectement le microbiote. Enfin, la sexualité peut jouer un rôle transitoire ou répétitif : le sperme, alcalin, modifie le pH vaginal, tandis que la multiplicité des partenaires ou certains lubrifiants peuvent perturber l’écosystème. L’ensemble de ces facteurs, souvent imbriqués, contribue à fragiliser progressivement l’équilibre de la flore.
Le déséquilibre de la flore intime peut se manifester par des démangeaisons, des brûlures, des pertes inhabituelles, une sécheresse intime ou encore des douleurs pendant les rapports sexuels. Ces signes ne doivent pas être ignorés car ils traduisent souvent une flore fragilisée. Enfin, en cas de symptômes persistants ou inhabituels, un avis médical est indispensable afin de bénéficier d'une prise en charge adaptée.
Miser sur une alimentation favorable au microbiote
Les recherches montrent qu'il existe un lien étroit entre le microbiote intestinal et le microbiote vaginal. Une alimentation équilibrée participe donc indirectement à la santé intime.
Les aliments les plus intéressants sont :
- les aliments fermentés comme le yaourt, le kéfir, le miso, la choucroute crue ou le kombucha ;
- les aliments riches en fibres (poireaux, oignons, artichauts, avoine, pommes, bananes, légumineuses) qui nourrissent les bonnes bactéries ;
- les poissons gras, les légumes verts et les fruits riches en antioxydants, les graines de courges riches en zinc ;
- une bonne hydratation pour préserver les muqueuses.
À l'inverse, une alimentation très riche en sucres et en produits ultra-transformés, l’alcool, les viandes rouges peuvent favoriser les déséquilibres de la flore.
Adopter une hygiène intime douce au quotidien
Une toilette intime excessive est souvent plus néfaste qu'une hygiène insuffisante ! Pour prendre soin de sa flore vaginale, il est conseillé :
- de faire une toilette externe une fois par jour seulement avec un soin lavant doux, théoriquement un savon sans savon ;
- de bannir les douches vaginales, trop agressives, qui éliminent les bonnes bactéries ;
- de ne pas utiliser de savons antiseptiques et de produits parfumés ;
- de favoriser un essuyage doux après la douche, plutôt en tamponnant ;
- de choisir avec soin ses sous-vêtements : ceux en coton favorisent une meilleure aération et limitent l'humidité.
Il est également conseillé d'éviter les vêtements très serrés ainsi que de rester longtemps avec un maillot de bain mouillé.
S’adapter à fragilité de la flore vaginale durant les règles
Les menstruations constituent une période durant laquelle l'équilibre du microbiote vaginal est plus en danger, précise le Docteur Jemina Fazal-Janot, gynécologue. Le sang, dont le pH est proche de la neutralité (≈ 7,4), augmente temporairement le pH vaginal et peut ainsi réduire la dominance des lactobacilles. C’est d’autant plus le cas en présence d’un stérilet en cuivre qui a tendance à rallonger la période des règles et à les rendre plus abondantes.
Que faire durant les règles pour préserver la flore vaginale ?
- Privilégier des protections menstruelles en coton, non parfumées et sans substance irritante, qu'il s'agisse de serviettes hygiéniques ou de tampons, et les changer régulièrement afin de limiter l'humidité et la prolifération bactérienne.
- en cas d’utilisation de coupes menstruelles, bien se laver les mains avant de les manipuler et les stériliser soigneusement avant et après chaque cycle ;
- les culottes menstruelles et les serviettes lavables en coton sont des alternatives respectueuses de l'écosystème vaginal, à condition d'être lavées conformément aux recommandations du fabricant.
Envisager une cure de probiotiques adaptés
Le microbiote intestinal, qui est le premier à bénéficier de la prise de probiotiques par voie orale, est le principal réservoir des bactéries capables de coloniser secondairement le vagin : restaurer son équilibre contribue donc indirectement à celui de la flore vaginale. Dans le champ gynécologique, les souches les plus étudiées sont Lactobacillus rhamnosus GR-1® et Lactobacillus reuteri RC-14® qui ont montré leur capacité à favoriser la recolonisation en lactobacilles. Pour être efficace, une cure doit être suffisamment dosée et poursuivie pendant au moins un à deux mois, voire trois mois en cas de dysbiose ancienne ou récidivante, souligne le Docteur Jemina Fazal-Janot, gynécologue. Les probiotiques ne remplacent toutefois pas un traitement médical lorsqu'une infection est installée. Ils s'intègrent dans une prise en charge globale. Les probiotiques peuvent être un soutien intéressant pour restaurer l'équilibre du microbiote vaginal, notamment après une antibiothérapie, en cas de récidives de pathologies vaginales qui peuvent être en lien avec un déséquilibre de la flore intime. Avant de commencer une cure de probiotiques, mieux vaut prendre l’avis de son médecin ou de son pharmacien.
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FAQ
- Une alimentation équilibrée contribue-t-elle à la santé de la flore vaginale ?
- Une alimentation équilibrée contribue-t-elle à la santé de la flore vaginale ?
Oui. En favorisant un microbiote intestinal diversifié grâce aux fibres, aux aliments fermentés et à une alimentation riche en végétaux, l’alimentation participe indirectement au maintien d'une flore vaginale équilibrée.
2. Les probiotiques remplacent-ils un traitement contre une vaginose ou infection vaginale ?
2. Les probiotiques remplacent-ils un traitement contre une vaginose ou infection vaginale ?
Non. Ils sont un soutien intéressant pour restaurer la flore après un épisode inconfortable et prévenir les récidives, mais ne remplacent pas un traitement médical lorsqu'une infection est installée.
3. Peut-on prendre des probiotiques sans demander l'avis d'un professionnel de santé ?
3. Peut-on prendre des probiotiques sans demander l'avis d'un professionnel de santé ?
Oui, dans la plupart des cas. Cependant un avis médical est toujours préférable, et même indispensable en cas de maladies chroniques, d'immunodépression, de grossesse ou de traitement en cours.
Sources
Alizon S., Tamarelle J., 2025. Importance scientifique, sanitaire et sociale du microbiome vaginal.
https://osf.io/preprints/osf/9zqbe_v1
https://www.ameli.fr/lot/assure/sante/themes/vaginite/definition-symptomes-facteurs-favorisants