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Varices : faut-il les opérer ?

Opération des varices ou pas ?

Quels sont les bénéfices et les limites des méthodes actuelles ? Le Docteur Blanchemaison fait le point et rappelle que l’intervention n’est pas inéluctable. Dans trois cas sur quatre, la maladie veineuse peut être stabilisée par des mesures simples et douces.

Naturactive : - Comment reconnaître une varice ?
Dr Blanchemaison : - C’est une portion de veine visible, dilatée, de forme tortueuse, où se produit un reflux sanguin. La varice peut être douloureuse à son début, quand la veine lutte contre la maladie.

– Quelles sont les raisons qui motivent une intervention ?
– Le médecin la propose en fonction des signes de gravité et des risques de complication. Un caillot peut obstruer une veine superficielle et entraîner une paraphlébite, douloureuse mais non dangereuse. Le même accident dans une veine profonde constituera une phlébite, avec le risque majeur d’une thrombose pulmonaire. À la longue, la maladie veineuse peut générer une dermite
– la peau prend un aspect brunâtre, cartonné – voire des ulcères. Seulement un quart des varices se complique avec le temps. L’intervention est rarement urgente et se prévoit de préférence en saison froide.

– Le critère esthétique est-il pris en compte ?
– Oui, les phlébologues interviennent aussi à la demande de patients dérangés par des varices trop visibles.

– Quelles sont les méthodes actuelles ?
– La plus radicale est le déveinage chirurgical. Dans le «stripping» classique, la partie malade est incisée puis enlevée ; l’opération se pratique sous anesthésie générale et entraîne trois semaines de repos. Le déveinage par invagination est moins brutal – mais plus long – et peut se faire sous anesthésie locale ; une semaine de repos suffit. Quant à la phlébectomie ambulatoire du Docteur
Muller, c’est une excellente méthode, mais très coûteuse en temps. L’intervention la plus légère reste la sclérose. On injecte dans la veine un produit qui va réduire son diamètre. Cette technique déjà ancienne bénéficie de progrès récents : repérage à l’échodoppler, suivi par échographie, utilisation de produit moussant... Sa réussite est liée à l’habileté et à l’expérience de l’opérateur.
Dans les interventions par l’intérieur, la méthode la plus rapide est maintenant celle du laser endoveineux (validée mais non remboursée). Les résultats sont remarquables mais la pratique très délicate.

– Comment se fait le choix ?
– Après examen clinique, le phlébologue évalue le rapport bénéfices/risques pour son patient. Il faut penser aussi aux conséquences : l’opération peut être suivie de douleurs ou laisser des traces.

– Le résultat est-il définitif ?
– Pas toujours. Si on retire la veine abîmée, des petits vaisseaux peuvent repousser et former une nouvelle varice. N’oubliez pas que l’insuffisance veineuse est une maladie chronique.

– En conclusion, que conseillez-vous ?
– Si l’état de vos jambes n’a rien de grave, l’intervention ne s’impose pas. L’évolution de la maladie dépend de critères personnels – votre âge, votre poids, l’hérédité familiale, le nombre de vos grossesses… Ces facteurs de risque peuvent être compensés par des mesures d’hygiène et de diététique.

– Parmi ces méthodes douces, quelles sont les plus efficaces ?
– Je conseille en premier lieu de porter des bas à compression élastique. La marche, pratiquée au moins une heure par jour, maintient le tonus des muscles posturaux et renforce la «pompe» veineuse de la plante des pieds. Mangez souvent des fruits rouges et des agrumes. Enfin vous pouvez faire des cures de plantes veinotoniques.
 

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