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Stimuler son cerveau pour mieux préserver sa mémoire

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La mémoire des souvenirs personnels, des gestes, des connaissances et des savoirs font l’identité de chacun. Notre spécialiste, le Dr Bernard Croisile, Neurologue et chef du service de neuropsychologie aux hospices civils de Lyon, explique que maintenir son cerveau performant permet de conserver et d’enrichir ces précieuses données.
 
Naturactive : - À quel âge faut-il se préoccuper de sa mémoire ?
Docteur Bernard Croisile : - Dès le jour de sa naissance et toute sa vie, il faut stimuler son cerveau ! À long terme, c’est un facteur protecteur du déclin cognitif. À un certain âge on peut avoir l’impression que sa mémoire flanche, mais en réalité il s’agit plutôt d’une baisse des facultés de concentration. De même, chercher le nom d’une personne ne signifie pas que vous l’avez perdu, mais qu’il vous faut un peu plus de temps pour le retrouver. Il n’y a pas de quoi s’affoler devant les « petits ratés de mémoire » qui sont naturels. D’autant plus que certains secteurs de mémoire s’améliorent constamment.
 
- Notre cerveau serait-il capable de s’adapter au vieillissement ?
- Oui, la surface et la profondeur des réseaux neuronaux ont la capacité de s’étendre. C’est ce que l’on appelle la neuroplasticité. Des nouveaux neurones peuvent même naître à tout âge à partir des neurones souches embryonnaires. Par jour, on pourrait créer 1400 nouveaux neurones dans les régions de mémoires sous condition d’une stimulation suffisante. C’est quand même une bonne nouvelle !
 
- Alors, comment faire pour stimuler notre mémoire au mieux ?
- Je préfère parler « des » mémoires, en comparaison avec le corps humain qui comprend de nombreux muscles. Tout comme un exercice de musculation ne fait travailler qu’une partie du corps, chaque type d’activité ne stimule qu’une partie du cerveau. Vivre au quotidien de manière active et stimulante est la meilleure façon d’entretenir l’ensemble de ses fonctions cognitives. Une vie professionnelle est souvent très dynamisante. Une fois à la retraite, pour compenser, il faut absolument avoir des activités riches et variées.
 
- Comment par exemple ?
- Du sport, pour la stratégie et la progression, mais aussi pour ses bienfaits sur la circulation cérébrale et donc sur la préservation des neurones. Du jardinage, qui combine activités physique et cognitive (s’adapter à la météo, utiliser son savoir en matière de plantation ou de taille…) mais également de la lecture, des activités culturelles, des jeux pour exercer sa mémoire…
 
- En quoi les exercices d’entraînement cérébral sont-ils intéressants ?
- Travailler sur la mémorisation des chiffres ne vous aidera pas à retrouver vos lunettes ! De même que pour le sport : ce n’est pas parce que je m’entraîne au golf que je serai meilleur en tennis. L’intérêt de ces exercices est qu’ils permettent de comprendre pourquoi on échoue et surtout comment on finit par réussir. Les stratégies de réussite peuvent alors être utilisées dans un domaine comparable du quotidien.
 
- La motivation joue-t-elle un rôle sur la mémorisation ?
- Bien sûr. Les processus anatomiques de mémoire sont accolés aux processus émotionnels. C’est pourquoi la motivation, l’intérêt, le plaisir tout comme l’ensemble des émotions vont être des catalyseurs de mémorisation ou à l’inverse d’amnésie.
 
- Pour finir, quelle est la fausse image de la mémoire que vous combattez ?
- La mémoire ce n’est pas un avare qui enterre ses pièces au fond d'un jardin, c'est plutôt un banquier qui boursicote, en utilisant une somme pour la faire fructifier. La mémoire n’est pas le stock, mais ce que vous faites du stock pour gérer le présent et construire l’avenir. L’intérêt de vous souvenir de votre rendez-vous de 14h est bien de ne pas être en retard tout à l’heure !
 

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