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Somnoler dans la journée ? Oui, c’est grave !

somnoler pendant la journée

La somnolence diurne n’est pas un signe de fatigue, encore moins une preuve de paresse. Ses conséquences peuvent être graves, voire catastrophiques. Et le remède ne se trouve pas dans la machine à café !

Naturactive : – S’il nous arrive de somnoler dans la journée, n’est-ce pas un signe de fatigue, d’ennui… ou de paresse ?
Dr Tiberge : – Pas du tout. La somnolence est une intrusion du sommeil dans l’état de veille. Vous connaissez ses manifestations : le besoin de bâiller, les yeux qui picotent… Le phénomène est différent de la fatigue, que vous dissipez par du repos. La somnolence ne peut être compensée que par du sommeil.
 
- La somnolence est toujours liée à une insuffisance de sommeil ?
- Oui, même si divers facteurs sont en cause. Chez les personnes qui souffrent d’une pathologie telle que l’apnée du sommeil, il y a une insuffisance de qualité : leur sommeil n’est pas récupérateur. Dans la majorité des cas, il s’agit d’une insuffisance en quantité, liée à une mauvaise hygiène de vie. Chacun doit connaître ses besoins et les respecter.
 
- Vous dites que la tendance à somnoler doit nous alerter, pour quelles raisons ?
- Pensez d’abord aux risques immédiats : la difficulté à rester éveillé peut être fatale dans certaines activités, par exemple la surveillance d’une salle de contrôle, ou simplement la conduite automobile. Le manque de sommeil retentit sur l’humeur, sur la vie familiale et professionnelle… Sur le plan de la santé, il est prouvé qu’un déficit permanent entraîne des complications chroniques : hypertension, diabète, obésité…
 
- Écourter un peu la nuit a des effets aussi importants ?
- N’oubliez pas que le manque se cumule. Si vous amputez chaque nuit d’une demi-heure, il vous manque plusieurs heures à la fin de la semaine. L’effet est comparable à celui de l’alcool : 4 heures de sommeil en moins équivaut à 0,50 g d’alcoolémie. Après une nuit blanche, vos capacités de réaction et de décision sont les mêmes que si vous aviez 1 g d’alcool dans le sang !
 
- En cas de somnolence au volant, il ne suffit donc pas de prendre un café…
- Le seul remède est de s’arrêter pour dormir ! Vous pouvez apprendre à pratiquer le sommeil-flash de quelques minutes. En début d’après-midi, il est recommandé de faire une sieste de 20 mn au plus.

- Notre mode de vie est en cause ?
- Oui, on rogne sans cesse sur le temps du sommeil, en raison notamment des trajets quotidiens excessifs et des soirées prolongées devant un écran. L’intrusion de l’électronique dans la chambre a un impact négatif sur le sommeil, en particulier chez les jeunes, car la pièce perd son image de calme et de repos pour devenir un lieu d’éveil.

- Il y a aussi les problèmes d’insomnie…
- Chez les femmes en particulier, l’épuisement et la difficulté à évacuer le stress sont à l’origine d’un manque de sommeil ; le problème peut conduire à la dépression s’il n’est pas traité.

- Que conseillez-vous pour favoriser le sommeil ?
- À côté de la relaxation, la phytothérapie peut apporter son aide, avec des plantes telles que Houblon, Mélisse, Rhodiola

- Votre conclusion ?
- Prenez au sérieux une somnolence diurne, car le sommeil participe à notre équilibre ; c’est un marqueur de santé et de bien-être.

Pour en savoir plus : www.institut-sommeil-vigilance.org
 
Somnolence dans la journée : un problème méconnu

  • 31% des Français dorment moins de 6 h par nuit
  • 20% se sentent somnolents au moins 3 fois/semaine
  • 7% s’endorment sans pouvoir résister
  • 3% avouent s’être déjà endormis au volant
  • 27% se disent irritables par manque de sommeil
  • Seuls 20% en parlent à leur médecin
  • Sur autoroute, 1 accident sur 3 est causé par la somnolence.

Source : enquête INSV/MGEN 2011.

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