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Le virus de l’écologie en milieu tropical !

la biodiversité un enjeux pour Pierre Fabre

Foisonnement d’idées, de projets, de propositions et de nouveautés… Bienvenue dans la tête du chercheur Jérôme Chave, à l’image du milieu tropical dont il ne cesse d’admirer la biodiversité.
Directeur de recherche au CNRS, Jérôme Chave est coordinateur du Centre d’étude de la biodiversité amazonienne, le LabEx CEBA, en Guyane française. Jérôme Chave est membre bénévole du comité des partenaires “Botanical Expertise Pierre Fabre”, réseau d’experts qui se réunit une fois par an pour évaluer la démarche de Responsabilité Sociétale de l’Entreprise (RSE).
 
Naturactive : - Qu'est-ce qu'un labEx ?
Jérôme Chave : - Le système de recherche français est composé de laboratoires où travaillent chercheurs et étudiants. Les labEx (laboratoires d'excellence) sont des projets de recherche qui visent à promouvoir certaines thématiques. Il en existe dans tous les domaines disciplinaires. Créées en 2010, ces programmes ont une durée de vie d'environ 10 ans. Le LabEX CEBA, dont je suis le coordinateur, accompagne des projets innovants en lien avec la biodiversité amazonienne.
 
- Vous faites de la recherche fondamentale ?
- Nous nous posons des questions fondamentales sur la biodiversité. Pour le grand public, faire de la recherche c'est souvent développer des applications et à terme gagner de l'argent. Nous nous inscrivons dans une autre démarche nettement moins capitaliste ! Notre objectif est de poser des bases sur le long terme qui vont permettre de faire avancer la compréhension des écosystèmes tropicaux. Nous traitons toujours les sujets collectivement. Épidémiologistes, ethnologues, mathématiciens, chimistes, médecins… nous décloisonnons les sciences et nous nous fertilisons mutuellement.
 
- Un exemple de projet ?
- Nous étudions comment certaines espèces animales se protègent contre les infections. En particulier celles qui vivent en communauté comme les fourmis ou les termites. On pourrait s'imaginer qu'elles sont fortement exposées aux épidémies, mais en fait elles ont développé des stratégies de défense antibactérienne et antifongique extrêmement efficaces. En cultivant des champignons, elles créent leur propre médecine. Comprendre ces mécanismes de la nature ouvre le champ des possibilités pour le bien-être humain.
 
- La Guyane est votre terrain d'expérimentation ?
- Les Guyanais ont la chance d'avoir un territoire tropical hyperdiversifié, relativement peu perturbé et aujourd'hui encore bien préservé. Toute la partie sud est couverte par un parc national, le plus grand de France, le Parc Amazonien de Guyane, le premier à avoir intégré les populations locales à son fonctionnement. La station scientifique des Nouragues, gérée par le CNRS et implantée en plein cœur de cette forêt, est un lieu d’étude privilégié. L’activité équivaut à 4 000 journées de travail par an, réparties entre les différents intervenants.
 
- La biodiversité, quelle en serait votre définition ?
- C'est une notion complexe. Il ne s'agit pas seulement de recenser des espèces nouvelles mais de comprendre comment s’organisent les espèces les unes par rapport aux autres. C’est ce que nous tentons de transmettre en accompagnant des étudiants et en répercutant les résultats de nos recherches au grand public.
 
- Les enjeux de la biodiversité sont-ils forts ?
Oui, ils vont du patient atteint d'une maladie mal connue qu’il faut aider, jusqu'au travail de l'agriculteur à promouvoir et à la protection de l’environnement… C'est un champ de recherche vaste et passionnant. Cela nous pousse à penser autrement, de manière plus altruiste.
 
Plus d’information sur le CEBA :
ww.labex-ceba.fr
Pour suivre l’actualité de la station de recherche des Nouragues en Guyane française :
www.nouragues.cnrs.fr
 

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