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Troubles digestifs, ne les négligez pas !

Troubles digestifs

Dr Jean-Michel Morel  
Médecin, chargé de cours D.U. de phyto-aromathérapie
 
Maux d’estomac, troubles du transit, petits tracas digestifs… Ce n’est pas grave, mais souvent cela suffit à nous empoisonner la vie. Notre spécialiste, le Dr Jean-Michel Morel, propose de s’y intéresser dans une approche à la fois globale et personnalisée pour favoriser la digestion et améliorer le transit.
 
Naturactive : - Qu’est-ce qu’une bonne digestion ?
Dr Morel : - C’est « le silence des organes » ! On mange bien, on digère bien, on n’observe rien de particulier. Une bonne digestion est celle sur laquelle on n’a rien à dire. Des personnes peuvent se vanter d’en bénéficier, mais je remarque que nombreuses sont les consultations pour ballonnements, douleurs abdominales, troubles du transit, digestion difficile
 
- La prise en charge des ces symptômes de trouble de la digestion est-elle particulière ?
- Absolument. D’abord il ne faut pas minimiser. Même s’il ne s’agit que de troubles fonctionnels qui excluent les pathologies graves, ils doivent être pris en compte avec sérieux. Des douleurs ou des inconforts chroniques peuvent entraîner des perturbations du sommeil, de l’humeur, de la vie affective ou familiale. Les troubles digestifs sont généralement associés à d’autres problèmes, c’est pourquoi au-delà des symptômes, l’histoire et la personnalité du patient vont orienter la prise en charge… antécédents, soucis familiaux ou professionnels, anxiété, habitudes de vie, etc.
 
- Les traitements sont eux aussi très personnalisés ?
- Oui bien sûr. Les troubles digestifs ont des causes diverses propres à chacun : une alimentation insuffisamment saine et variée, une mauvaise gestion du stress, une hygiène de vie générale à améliorer. Si on ne traite pas ces facteurs, le patient ne ressentira qu’un soulagement très ponctuel de ses symptômes, ce qui l’amènera à prolonger les traitements de manière excessive.
 
- La phytothérapie et l’aromathérapie sont toutes adaptées ?
- La prise en charge classique des ”troubles fonctionnels intestinaux” fait appel à des médicaments allopathiques anti-acides ou antispasmodiques. Ils sont efficaces, mais peuvent entraîner des effets indésirables à long terme. Par la phytothérapie, nous cherchons à soulager le patient durablement avec des substances végétales qui n’entraîneront pas de dépendance, qui équilibreront le système neuro-végétatif et qui respecteront l’intégrité du microbiote. À condition de varier les composants et de ne pas en faire usage trop régulièrement. Attention donc à l’automédication ! Il est indispensable de se faire accompagner par son médecin.
 
Troubles de l’estomac
Pour se sentir plus léger : servez-vous raisonnablement et évitez les aliments trop gras qui retardent la digestion. Des plantes riches en substances amères stimulent l’activité de l’estomac en provoquant la sécrétion de sucs acides.
Contre les éructations : évitez les boissons gazeuses qui contiennent une grande quantité de gaz carbonique ainsi que les chewing-gums qui font avaler de l’air. Mangez dans le calme en prenant votre temps !
Pour plus de confort : fractionnez vos repas tout au long de la journée. Après les prises alimentaires, respirez profondément un air frais et éviter de vous allonger. Il existe des plantes digestives, comme le Gingembre, en phytothérapie, connu pour son action bénéfique sur la digestion.
Pour réduire les spasmes nerveux : une bonne respiration, des séances de relaxation, voire une aide psychologique aideront à détendre aussi bien le corps que l’esprit. Du côté phyto, certaines plantes comme la Mélisse sont connues pour agir sur le bien-être digestif. Du côté aroma, essayez quelques gouttes d’Huile Essentielle de Menthe poivrée dans une huile végétale.
 
Troubles de l’intestin
Pour protéger la paroi intestinale : évitez les aliments riches en fibres non digestibles (côtes de blettes, haricots verts, asperges…), les aliments à pépins, les aliments trop acides ou trop épicés, l’alcool à jeun, boissons très gazeuses, café et thé forts. Adoptez une alimentation plus douce pour vos intestins, qui permet d’améliorer la digestion : poissons riches en oméga-3 et poudre de curcuma à raison d’1 c. à café par jour diluée dans un peu d’huile.
Contre les flatulences : bannissez les aliments riches en hydrates de carbone (pois secs, féculents, pommes…) car leur fermentation produit beaucoup de gaz. En cas de gêne passagère, des plantes digestives comme le Fenouil agissent sur les ballonnements. De même, le Charbon a une capacité d’absorption des gaz et sur les ballonnements.
Pour faciliter le transit : le sport est fortement conseillé, d’autant qu’il contribue au maintien de l’équilibre psycho-émotionnel. Pour stimuler la motricité de la paroi intestinale, les aromates (Sauge, Basilic, Thym, Romarin) sont recommandés.
Pour glisser, plus léger, dans le sommeil : adoptez la tisane digestive Mélisse + feuille de Menthe poivrée à quantité égale. À faire infuser doucement pendant 10 minutes et reposer pendant 15 minutes.
 
 
Son microbiote, on le dorlote
Nouvelle appellation de la flore intestinale, le « microbiote » est la communauté de micro-organismes que nos intestins abritent en nombre considérable : un seul gramme de matière dans le côlon peut en compter 1 000 milliards ! Composé en grande majorité de plusieurs centaines d’espèces de bactéries anaérobies (c’est-à-dire vivant hors oxygène), le microbiote intestinal est propre à chaque personne. Ses fonctions dans l’organisme sont de mieux en mieux connues.
En formant un biofilm à sa surface, le microbiote protège notre muqueuse intestinale d’une colonisation par des bactéries pathogènes. En plus de son rôle immunitaire, il intervient dans la digestion des fibres et de certains sucres, fabrique des vitamines et élimine certaines toxines.
Mais l’équilibre de notre microbiote est fragile. Sous l’effet de métaux lourds ou de produits chimiques, par exemple, il peut se charger de bactéries pathogènes au détriment des bonnes bactéries. Pour rester en bonne santé, il est nécessaire de protéger la microflore en évitant d’ingérer des produits agressifs ou des aliments pollués par des pesticides. Et pour favoriser le développement des bonnes bactéries, il est recommandé de consommer régulièrement des produits lactofermentés (yaourts, choucroute…) et de compléter l’alimentation par des germes de blé, de la levure alimentaire, ainsi que des probiotiques (à demander en pharmacie).
 
 
 

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