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Défenses immunitaires, renforcer les défenses immunitaires.

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Renforcer ses défenses immunitaires

Christine Libon
Chef de service Pharmaco-immunologie et chercheur à l’Oncopole de Toulouse

Aujourd’hui, on sait mieux comment aider l’organisme à se protéger pendant la saison froide. Les spécialistes de l’immunité et de la nutrition travaillent à mettre au point des stratégies efficaces. Voici leurs explications et leurs conseils pour éviter les affections respiratoires banales au cours de l’hiver.
 

Moins de réactivité face aux attaques

Chaque jour, notre organisme est agressé par des micro-organismes présents dans notre environnement. Normalement, la réaction est immédiate : le système de défense se mobilise et élimine les assaillants. Mais en période hivernale, les agressions se multiplient, alors que le terrain est fragilisé par le froid et la fatigue. Chez les personnes stressées, la tension nerveuse peut perturber le système de communication de l’organisme et donc retarder les messages d’alerte. Résultat : la réponse immunitaire peut devenir plus lente, moins efficace. Et c’est l’engrenage des états grippaux, des maux de gorge, des rhumes à répétition…
 

Les défenses naturelles, comment ça marche ?

Pour lutter contre les germes responsables de maladies, notre corps dispose d’un système défensif très complexe, à plusieurs niveaux. La présence d’intrus est détectée par des cellules spécialisées, les leucocytes, qui communiquent à l’aide de messagers chimiques, les cytokines. Présentes dans la plupart des organes, les cellules “gardiennes” se chargent d’éliminer les agresseurs. Ce mécanisme immunitaire réagit de façon innée, c’est pourquoi on parle de “défenses naturelles”.

En première ligne : notre intestin !

C’est dans la muqueuse intestinale que se trouvent 70 % de nos cellules immunitaires. Par ailleurs, le côlon est aussi l’organe qui abrite la microflore la plus abondante : entre 100 et 1000 milliards de germes vivants par gramme de matière ! Ces micro-organismes ont un rôle très important dans la digestion des aliments, mais aussi dans la défense de l’organisme. Leur présence empêche la prolifération de microbes dangereux. Les cellules immunitaires de l’intestin savent reconnaître et tolérer les “bonnes” bactéries, tout comme elles savent distinguer les nutriments et les substances nocives. Voilà pourquoi il est très important de préserver l’équilibre de notre flore intestinale.

Quand l’inflammation devient gênante

Comme la fièvre, l’inflammation fait partie des moyens de défense de l’organisme. L’hiver, par exemple, lorsque des rhinovirus tentent de s’implanter dans les voies nasales, la muqueuse gonfle et rougit, puis le nez “coule”. Le phénomène a pour but de “nettoyer le terrain”. Mais cette réaction “enflammée” produit des symptômes désagréables, voire douloureux. Leur répétition finit par fragiliser les muqueuses. Cela peut ouvrir la porte à une surinfection bactérienne.
 

Renforcer les défenses, maintenir la vitalité : un besoin commun à tous les âges de la vie

Comment évaluer le risque d’un affaiblissement des défenses naturelles ? Chez une personne saine, la réponse est d’abord liée à l’état général. Le surmenage et la fatigue sont des facteurs négatifs, de même que le déséquilibre alimentaire, le manque de sommeil… et même l’excès de sport ! Chez les enseignants et les parents d’élèves, comme chez les personnels de santé, le contact avec des personnes contagieuses constitue un important facteur de risque, car leur système immunitaire est très sollicité. Attention enfin après une maladie infectieuse ou une opération : l’organisme reste vulnérable tant que ses défenses ne sont pas reconstituées. Quand on fait partie des personnes à risque, la première précaution est de revoir son hygiène de vie.
Les enfants sont eux particulièrement sensibles aux maux de l’hiver. “Parce que leur système de défense n’est pas complètement construit”, rappelle Christine Libon. Or les petits qu’on laisse à la crèche, comme les plus grands qui vont à l’école, sont exposés en permanence à des contagions infectieuses. La prévention est très importante. N’oublions pas que les dépenses énergétiques sont plus élevées à cette saison. Les repas doivent être suffisamment caloriques, en particulier le petit déjeuner. En outre, l’enfant se refroidit plus vite que l’adulte. Il doit être bien couvert pour sortir, mais sans excès pour éviter un “chaud et froid”. On veille aussi à lui assurer son compte de repos et de sommeil.

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