L’été arrive à pas feutrés, avec son lot de plaisirs ensoleillés, de salades fraîches dégustées en terrasse et d’hormones joyeuses. Prises par la démon du bonheur, des milliers de femmes s’effeuillent et retirent leurs déguisements de yéti pour se transformer en créatures désirables et bien sûr complètement dénuées de poil. Milles souffrances seront nécessaires : cire chaude, épilateurs poussiéreux sortis du placard… les plus impatientes se contenteront de quelques coups de rasoirs.
Bref, la chanson, on la connaît.
Pourtant, un tabou pileux sommeille : il porte le dur nom de poil incarné.
Le poil incarné est cet individu laid qui survient toujours par surprise pour vous rappeler de la manière la plus vilaine qui soit que non, il ne suffit pas de souffrir pour être belle, il faut aussi savoir composer avec des éléments extérieurs complètement imprévisibles. Le poil incarné parsème méchamment votre maillot ou vos aisselles et concurrence le poil par sa laideur.
La bonne combine aurait été de laisser votre maillot ou vos aisselles tranquilles tout l’hiver. Le poil aurait alors eu tout le temps de pousser et de retrouver ses origines sauvages. Malheureusement, pour le peu que l’on souhaite perpétuer sa vie sexuelle, cette pratique semble incongrue.
Que faire pour l’annihiler ?
C’est mon esthéticienne qui me l’a dit : on gomme vigoureusement, et au gant de crin, la partie incriminée. On n’hésite pas à l’hydrater aussi, avec des crèmes non grasses et enrichies en vitamine A. Des formules ont été spécialement créées pour ces grandes occasions comme certains soins anti-poil incarnés, qui promet une micro-exfoliation quotidienne. Pour les plus riches et les plus désespérées, on applique chaque jour une compresse d’Emulsion Pure suivie d’une excellente crème hydratante au romarin (vendue en institut).
Mais honnêtement et là , je vais citer mon esthéticienne préférée, la vraie solution reste le gommage régulier (surtout avant l’épilation) et consciencieux : « Y a rien à faire… si ce n’est gommer, gommer…. ».

