Paroles d'experts
La vessie plus vulnérable à la ménopause

Les infections urinaires sont plus fréquentes en période de ménopause. Des conseils de prévention à retenir et une petite baie d’Amérique à découvrir.

Dr Philippe Colls
Médecin urologue (Nantes)
Naturactive : – Quelle est l’incidence de la ménopause sur les infections urinaires ?
Dr Colls : – Les changements hormonaux induisent une transformation importante au niveau vaginal. On constate une perte de trophicité, donc une sécheresse de la muqueuse, ainsi qu’une modification de la flore locale. Or cette flore fait partie du système de défense naturel de l’organisme féminin. Son déséquilibre permet l’installation de germes pathogènes, susceptibles de proliférer et de contaminer la vessie.
– Comment lutter contre la sécheresse vaginale ?
– En dehors du traitement hormonal par voie orale, préconisé en l’absence d’antécédents de cancer hormono-dépendant, on peut recourir à l’application de trophiques locaux. La phytothérapie propose de nombreuses solutions permettant d’améliorer l’état de la muqueuse.
– Existe-t-il d’autres facteurs en cause ?
– L’anatomie peut se modifier, en particulier chez les personnes corpulentes. La proximité de l’urètre et du vagin s’accentue, ce qui augmente de façon problématique la prédisposition féminine aux infections.
– Quels sont les symptômes qui amènent les femmes à consulter ?
– Les signes cliniques sont très divers. Les manifestations d’irritation sont bien connues. D’autres sont plus déguisées, comme les douleurs du pelvis et de la vessie. On découvre aussi des infections bactériennes sans symptômes. Cette contamination constitue une contre-indication pour une opération orthopédique, par exemple.
– Les récidives sont-elles fréquentes ?
– Oui, les rechutes peuvent être très rapprochées : moins d’un mois chez certaines patientes. Les colibacilles ont une très grande facilité à coloniser l’urothélium, tissu tapissant l’urètre et la vessie.
– Quelles sont les possibilités de traitement ?
– L’action des antibiotiques est efficace, mais on se confronte à des phénomènes de résistances et à des effets secondaires. D’autre part, dans les cas difficiles, on court le risque de voir le problème devenir chronique.
– C’est alors que la phytothérapie intervient ?
– Oui, la phytothérapie est une alternative simple, sans risque d’effet indésirable. On propose donc un traitement d’entretien, sous forme de cures annuelles, de façon à ne jamais baisser la garde.
– Quelles sont les plantes préconisées ?
– La Busserole est chef de file des plantes aux propriétés antiseptiques et bactériostatiques. Leur utilisation permet de maintenir la prolifération bactérienne au dessous d’un seuil critique.
– Quel est le rôle de la Canneberge ?
– La Canneberge se positionne clairement en prévention. Ses propriétés anti-adhésines évitent la fixation des colibacilles aux parois de la vessie. Son emploi est à situer deux à trois mois après le traitement prophylactique, quand la vessie est bien décontaminée.
La Canneberge joue alors un rôle protecteur fort, pour empêcher une nouvelle colonisation.
– Comment la prendre ?
– Là encore, en cures régulières, tous les deux ou trois mois. La forme en sticks diluables permet d’apporter une hydratation supplémentaire.
– Il est important de boire beaucoup d’eau ?
– Oui, le meilleur moyen de défense naturelle est l’hydratation, suivie d’une vidange régulière de la vessie. Il est raisonnable de boire 1 litre 1/2 dans la journée.
– Vous incitez vos patientes à une prise en charge responsable…
– Oui, notamment en luttant contre la constipation. En effet, la stagnation des coliformes dans le côlon favorise les récidives. On conseille une alimentation riche en fibres, complétée par des probiotiques adaptés.
Thème: Confort urinaire
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